
Dans un précédent article, nous avons vu que le deuil n’avance pas en ligne droite : il oscille, par allers-retours, entre le chagrin et la reprise de la vie quotidienne. Comprendre ce mouvement est une chose. Trouver comment vivre avec lui, jour après jour, en est une autre.
Alors, comment prendre soin de soi pendant cette période, sans se mettre la pression ni chercher à « bien faire » ? Il n’existe pas de recette. Mais quelques gestes simples peuvent offrir des points d’appui pour traverser les journées, à son rythme. En voici huit.
À retenir
| Il n’existe pas de bonne façon de vivre son deuil : chacun avance à son rythme. |
| Accueillir ses émotions et en parler aide souvent à traverser la peine. |
| Rester un peu actif et garder quelques repères peut soutenir le quotidien. |
| Ressentir de la joie n’efface pas l’amour porté à la personne disparue. |
| Le deuil n’est pas un chemin à parcourir parfaitement : il demande du temps, de la patience et de la douceur. |
Accompagner le mouvement du deuil, sans le forcer
Le modèle du double processus décrit le deuil comme une oscillation entre deux pôles : se tourner vers la perte et retrouver progressivement une place dans la vie quotidienne. Les gestes qui suivent ne servent pas à « accélérer » ce processus. Ils aident simplement à mieux composer avec ces deux dimensions du deuil.
Certains aident à accueillir la peine ; d’autres, à retrouver progressivement des repères dans le quotidien.
Faire une place au chagrin
- Accueillir ses émotions sans les juger.
- En parler à quelqu’un.
- S’exprimer autrement.
- Apprendre à vivre avec l’absence.
Retrouver doucement des appuis
- Rester un peu actif.
- Reprendre une activité agréable.
- Garder quelques repères du quotidien.
- S’autoriser des moments de joie.
Être bienveillant envers soi accompagne l’ensemble du chemin.
8 gestes qui peuvent aider à traverser un deuil au quotidien
1. Ne minimisez pas vos émotions
Tristesse, colère, culpabilité, soulagement, sidération (cette impression d’être comme arrêté par le choc) : toutes ces réactions peuvent faire partie du deuil. Leur présence ne signifie pas que vous faites votre deuil « de travers ». Chercher à mettre constamment ses émotions à distance peut être épuisant et rendre parfois plus difficile le fait de trouver un nouvel équilibre. S’autoriser à ressentir, sans se juger, est déjà un soutien.
2. Parlez à une personne de confiance
Mettre des mots sur ce que l’on traverse peut apporter un vrai soulagement. Le deuil n’est pas une épreuve que l’on doit porter seul. Un proche, un professionnel de l’accompagnement ou de la santé, ou encore un groupe de parole peuvent offrir un espace où déposer ce que l’on vit. Si votre entourage ne se sent pas à l’aise avec le sujet, un espace d’écoute extérieur peut aussi être précieux.
3. Restez actif, même doucement
Le deuil épuise, et l’idée de bouger peut sembler insurmontable. Pourtant, une courte promenade, quelques mouvements ou simplement sortir quelques minutes peuvent parfois apporter un peu de respiration dans un moment difficile. Chez certaines personnes, une activité douce peut aider à relâcher les tensions et à retrouver peu à peu un rythme dans le quotidien. Il ne s’agit pas de performance : juste de remettre un peu le corps en mouvement, à votre rythme.
4. Reprenez peu à peu des activités qui vous font du bien
Sans vous forcer, laissez revenir ce qui vous apportait du plaisir ou du réconfort : lire, cuisiner, jardiner, voir des proches, écouter de la musique. Ces gestes ne sont pas une trahison. Ils font partie de ce mouvement doux qui permet de se réancrer dans le présent, un pas après l’autre.
5. Exprimez-vous autrement si les mots manquent
Parler n’est pas toujours possible, et c’est normal. D’autres langages peuvent alors prendre le relais : l’écriture, le dessin, la musique, la création artistique. Tenir un carnet, noter quelques lignes ou laisser une émotion s’exprimer par une autre voie peut aider à déposer ce qui pèse.
6. Prenez soin de votre sommeil et de vos repas
Le deuil bouscule souvent l’appétit et le sommeil. Sans viser la perfection, garder quelques repères peut aider à traverser les journées : des repas à des horaires à peu près réguliers, un moment de repos même quand le sommeil est difficile. Ces quelques repères ne sont pas une contrainte, mais un point d’appui rassurant. Si certaines difficultés, comme des troubles du sommeil ou une fatigue persistante, deviennent trop lourdes à porter, en parler à un professionnel de santé peut être une aide.
7. Donnez-vous la permission de ressentir de la joie
Rire à nouveau, savourer un bon moment, se surprendre à sourire : cela n’efface pas l’amour porté à la personne disparue, et ne signifie pas qu’on l’oublie. Dans un deuil, la joie ne remplace pas la peine : elle peut simplement trouver une place à côté d’elle.
La joie qui revient n’est pas une trahison.
C’est un signe, discret, que la vie continue de vous traverser, même au cœur du chagrin.
8. Soyez bienveillant envers vous-même
Vous faites de votre mieux, avec ce que vous vivez. Les jours sans, les retours de tristesse, les moments où rien n’avance : rien de tout cela n’est un échec. S’accorder de la douceur, comme on le ferait pour un ami qui souffre, fait pleinement partie du chemin. Apprendre à prendre soin de soi sans culpabiliser est une forme de soin à part entière.

Le deuil n’est pas une performance à réussir
Il n’y a pas de bonne ni de mauvaise façon de vivre un deuil, ni de délai à respecter. Comme le rappellent les professionnels du deuil, il s’agit d’un cheminement propre à chacun, qui ne suit pas une progression linéaire et n’a pas de durée « standard ».
Le deuil n’est donc pas une épreuve dont il faudrait sortir le plus vite possible. C’est un processus d’adaptation, qui mérite du temps, de la patience et de la compassion, d’abord envers soi-même.
Et si, malgré tout, la souffrance reste durablement envahissante, ou que vous vous sentez enfermé sans parvenir à retrouver de souplesse, un accompagnement peut aider.
Demander du soutien n’est pas un signe de faiblesse.
FAQ : prendre soin de soi pendant un deuil
Comment prendre soin de soi pendant un deuil ?
Il n’existe pas de méthode unique. Accueillir ses émotions, en parler, garder quelques repères de sommeil et de repas, bouger un peu et s’autoriser des moments de répit sont autant de gestes qui peuvent aider, à adopter à son rythme et sans se mettre la pression.
Combien de temps faut-il pour faire son deuil ?
Il n’existe pas de durée universelle pour un deuil. Chaque histoire, chaque relation et chaque personne sont uniques. Le deuil évolue avec le temps, par périodes plus faciles et plus difficiles, sans suivre un calendrier précis.
Comment surmonter un deuil quand on a l’impression de ne pas avancer ?
Cette impression de stagner est fréquente, car le deuil n’avance pas en ligne droite : il progresse par allers-retours, avec des jours plus difficiles que d’autres. Ne pas avancer comme on l’imaginait ne veut pas dire que l’on recule. Se laisser du temps, s’appuyer sur de petits gestes et, si besoin, se faire accompagner peut aider à traverser ces moments.
Comment aller mieux après un deuil ?
Aller mieux après un deuil ne signifie pas oublier la personne disparue ni ne plus ressentir de peine. Il s’agit plutôt d’apprendre progressivement à vivre avec l’absence, à retrouver des repères et à laisser revenir des moments de respiration.
Est-il normal de ne plus avoir goût à rien après un décès ?
Oui. La perte d’énergie, d’appétit ou d’envie est une réaction fréquente du deuil. Elle s’atténue souvent avec le temps. Reprendre de petites activités, même modestes, peut aider à retrouver peu à peu des points d’appui.
Ressentir de la joie pendant un deuil, est-ce trahir la personne disparue ?
Non. Éprouver de la joie n’efface pas l’amour porté à la personne disparue et ne signifie pas qu’on l’oublie. Ces moments de légèreté font partie du cheminement et ont toute leur place aux côtés de la peine.
Faut-il se forcer à reprendre ses activités ?
Non, il ne s’agit pas de se forcer. L’idée est plutôt de laisser revenir, peu à peu et sans pression, ce qui fait du bien. Certains jours seront plus faciles que d’autres, et c’est normal.
Quand se faire accompagner dans son deuil ?
Il n’y a pas de bon moment unique. Si la souffrance reste durablement envahissante, si l’on se sent bloqué ou très isolé, en parler à un professionnel ou rejoindre un groupe de parole peut apporter un soutien précieux.
Pour aller plus loin
Ces gestes prennent tout leur sens quand on comprend que le deuil avance par allers-retours. Découvrez notre article sur les étapes du deuil : pourquoi il n’avance pas en ligne droite.
Je m’appelle Catherine. Depuis plusieurs années, j’accompagne des personnes qui traversent la perte d’un proche. Chaque histoire est différente, mais une chose revient souvent : personne ne devrait avoir à porter seul le poids de son chagrin. Pouvoir déposer ce que l’on traverse dans un espace d’écoute peut offrir un soutien précieux au cœur de cette période.
Si vous ressentez ce besoin, nous serons heureux de vous accueillir, à votre rythme.
